Lutter contre la désertification médicale et améliorer l'accès aux soins

Phénomène national, la pénurie de médecins n’épargne pas l’Aude. C’est pourquoi, depuis 2011,
le conseil départemental a fait de la lutte contre la désertification médicale une de ses priorités. Deux démarches complémentaires sont menées : inciter les jeunes médecins à s’installer dans l’Aude et participer à l’ouverture de maisons pluriprofessionnelles de santé. Un objectif : améliorer l’accès aux soins des Audois, où qu’ils habitent.

De quoi parle t-on ?

Comme de nombreux territoires, l’Aude est touchée par la désertification médicale. En ville, il faut parfois attendre plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste. Dans les territoires plus reculés, les médecins généralistes sont souvent loin ou trop peu nombreux pour répondre aux demandes des patients. L’Agence Régionale de Santé a d’ailleurs identifié plusieurs zones d’intervention prioritaires dans le département. Pour maintenir l’offre médicale actuelle et éliminer les disparités dans l’accès aux soins il faudrait que 156 nouveaux médecins s’installent dans l’Aude d’ici 2020. Un vrai challenge que le Département veut aider à relever. Car même si l’organisation de l’offre de soins ne fait pas partie de ses compétences, le Conseil départemental a mis en place une politique volontariste pour attirer les professionnels de santé.

L’offre de soins dans l’Aude

  • 402 médecins généralistes.
  • 295 médecins spécialistes.
  • Des spécialités en déficit : 9 gynécologues et 10 pédiatres pour tout le département !

Source : Conseil de l’Ordre des médecins - recensement 2016

Agir pour améliorer l’offre de soins dans l’Aude

Inciter les jeunes médecins à s’installer dans l’Aude

Les médecins partant à la retraite sont difficilement remplacés et les jeunes médecins ont tendance à préférer s’établir en ville ou travailler en équipe dans les hôpitaux. Depuis 2011, pour inciter les internes à effectuer leur stage en médecine générale dans les secteurs ruraux, et y rester plus tard, le département de l’Aude alloue des aides financières à des étudiants de l’université de Montpellier, et désormais à ceux de Toulouse. Cette incitation comprend une aide forfaitaire de 200 € par mois pour les frais d’un éventuel loyer et une aide aux déplacements de 400 € par mois. 65 étudiants ont déjà bénéficié de cette aide pour un montant total de près de 200 000 € depuis 2012.

Soutenir le développement des maisons de santé pluriprofessionnelles

Regroupant dans un même lieu des professionnels médicaux et para-médicaux, les maisons de santé pluriprofessionnelles sont une des solutions pour favoriser l’installation de professionnels de santé et accroître l’offre de soins de proximité. C’est l’Agence régionale de santé qui est à l’initiative de leur ouverture, mais le Département apporte son soutien aux projets de création dans les zones sous dotées, en lien avec les communes et les intercommunalités. Le Département intervient sur ces projets à hauteur de 20 % de l’investissement et dans la limite de 150 000 €. De plus, les locaux appartenant à une collectivité territoriale ou à un établissement public de coopération intercommunale et occupés par une maison de santé sont exonérés de taxe foncière.

Favoriser l’accès aux soins des publics éloignés des structures

Les consultations itinérantes de la Protection maternelle et infantile

Assurer le suivi de croissance des bébés et enfants jusqu’à 6 ans, où qu’ils habitent dans l’Aude, est la mission de la Protection maternelle et infantile. Pour les familles éloignées des centres médicaux-sociaux où sont assurés les services de la PMI, un bus circule dans 14 villages de l’Aude avec, à son bord, un médecin et une puéricultrice qui assurent les consultations de pédiatrie.

Les transports à la demande pour les personnes âgées

Le Département mène depuis 2016 une expérimentation dans la Haute Vallée de l’Aude pour permettre aux personnes âgées isolées disposant de ressources modestes de bénéficier d’un transport gratuit pour consulter un médecin ou faire des soins. Cette aide s’applique sur des transports non remboursables par l’Assurance maladie et est menée en partenariat avec la MSA et le RSI. Au bout de 2 ans d’expérimentation, un bilan permettra d’évaluer l’efficacité de cette aide dans l’accès aux soins et d’envisager son élargissement à d’autres territoires.