Le Département de l’Aude a proposé ce mardi 17 février un repas à base de veau audois dans les 22 cantines des collèges du territoire. L’opération "Du veau dans les cantines des collèges" vise à soutenir les éleveurs audois qui ne peuvent exporter leurs bovins. Elle s’ajoute aux multiples actions menées par le Département pour accompagner les agriculteurs et développer les circuits courts.
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Le Département par sa compétence en matière de restauration collective dans les collèges constitue, à cet égard, un acteur clé."
En blanquette ou en escalope, le veau audois était au menu des cantines dans 22 collèges publics de l’Aude, ce mardi 17 février. Une opération concrète pour répondre à l’urgence, le Département s’étant engagé à soutenir les acteurs de la filière bovine, victimes d’une crise mêlant épizootie de dermatose nodulaire contagieuse et crainte d’une concurrence déloyale avec l’accord UE-Mercosur en cours.
Hélène Sandragné, présidente du Département de l’Aude, a ainsi détaillé cette action et les mesures en faveur de l’agriculture audoise menées toute l’année par la collectivité. Elle était accompagnée d’Alain Giniès, vice-président en charge de l’économie de proximité, de l’agriculture et du tourisme, de Sébastien Gasparini et de Jean-Luc Durand, conseiller départemental délégué à l’alimentation. Un engagement de longue date, aujourd’hui renforcé face à la crise agricole subie par les professionnels de la filière (lire plus bas en encadré).
Bien manger n’est pas une option, c’est un investissement pour la santé de nos enfants, et pour la vitalité de nos territoires."
En effet, malgré une amélioration de la situation, aujourd’hui un nombre important de bêtes ne trouvent pas de débouchés. "Le Département par sa compétence en matière de restauration collective dans les collèges constitue, à cet égard, un acteur clé. En partenariat avec ces établissements, nous disposons d’une capacité réelle à sécuriser des débouchés pour les éleveurs locaux, tout en répondant aux attentes croissantes des usagers en matière de qualité, de traçabilité et de sens donné à l’alimentation", a développé Hélène Sandragné. Et de poursuivre : "Parallèlement à mon appel aux gestionnaires et cuisiniers pour leur demander de ne pas mettre au menu des cantines des produits issus du Mercosur, nous avons tout naturellement sollicité nos chefs dans les cantines des collèges afin qu’ils mettent au menu, le même jour, du veau audois !"
Ainsi parmi les 28 collèges publics du département, les 22 disposant d’un service de restauration sur place ont tous accepté de se prêter au jeu. "Nous souhaitons par cette action envoyer un signe fort à nos éleveurs, et surtout rappeler à chacun que bien manger n’est pas une option, c’est un investissement pour la santé de nos enfants, et pour la vitalité de nos territoires", a souligné Hélène Sandragné.
Des actions pour promouvoir les circuits courts dans les cantines audoises
Sébastien Gasparini a tenu à remercier les personnels de l’Éducation nationale et les agents départementaux des cuisines pour leur mobilisation, y voyant là "le résultat d’un travail de longue haleine visant à promouvoir le "bien manger audois" dans nos établissements scolaires, mais au-delà de promouvoir les produits locaux et les circuits courts".
Le Département contribue d’ores et déjà au développement des circuits courts, notamment à travers le Projet alimentaire territorial, qui a permis l’implantation de la plateforme Agrilocal 11. Un outil qui, depuis 2016, met en relation, de manière directe et gratuite, 234 producteurs locaux et 89 acheteurs de la restauration publique et privée. Ainsi, 69 % de la viande consommée dans les collèges est audoise.
Cet accompagnement des producteurs locaux s’est concrétisé plus récemment par la création de la plateforme logistique de distribution l’Aude à table, en partenariat avec la Chambre d’agriculture et la Coopération agricole d’Occitanie.
Enfin un fonds qualité devrait être prochainement voté par les élus départementaux afin d’augmenter le financement de 30 centimes par repas, pour que les établissements se fournissent davantage en produits et viandes locales.
Face au développement de la dermatose nodulaire bovine dans l’Aude et dans les départements limitrophes, la collectivité avait en effet réagi par un courrier au Préfet en octobre 2025 demandant la vaccination des animaux en estive et proposant les services du Laboratoire départemental d’analyses. Et de nouveau par une motion de soutien votée en décembre dernier contre l’abattage systématique des foyers infectieux comme solution unique de lutte contre l’épizootie. De plus, le Département soutient financièrement les vétérinaires ruraux, le Groupement de défense sanitaire, l’abattoir de Quillan, et participe à la restauration des zones humides.