"Nana", petit génie du skate-board

Louise-Aina Taboulet
Fille de deux champions de windsurf, la Leucatoise Louise-Aina Taboulet est devenue, à 11 ans, vice-championne de France de skate-board au printemps dernier. Celle que l’on surnomme « Nana » est un talent précoce qui vise déjà les Jeux olympiques de Paris 2024.

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Comment es-tu devenue vice-championne de France ?
Louise-Aina : Je me suis entraînée dur sur le Cosanostra skatepark de Chelles une semaine avant la compétition pour m’adapter à l’endroit. C’est comme pour un contrôle, tu dois connaître les meilleurs endroits pour placer un trick (une figure) difficile et faire les meilleurs scores. J’étais face à des filles de 15, 18 et 22 ans, dont beaucoup sont des exemples pour moi. C’était ma troisième
compétition, j’avais fini 3e il y a deux ans.

Comment as-tu débuté ?
Louise-Aina : Ma maman a voulu me mettre au skate à 6 ans. Je prenais des cours le mercredi à Rivesaltes et Perpignan, et je me suis améliorée. Mes parents m’ont aussi mis rapidement sur une planche à voile à l’âge de 8 ans.

Comment gérer la compétition pour une aussi jeune athlète ?
Julien Taboulet, son papa : Nous avons repris le schéma que nous avons connu avec nos parents. Mon père Gérard a participé à la coupe du monde de planche à voile. Nous venions à Leucate et Gruissan très jeunes. Du coup, nous avons fait pareil avec Nana. Être sportif de haut niveau, c’est
beaucoup de travail. Nana est très jeune et j’ai envie qu’elle aime encore skater à 40 ans. C’est pour cela que nous sommes attentifs à sa jeunesse.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce sport ?
Louise-Aina : Le skate, c’est un sport très pratiqué par les garçons, alors j’ai envie de montrer qu’une fille peut « rider » et donner envie à d’autres filles comme moi de pratiquer mon sport. J’aime apprendre de nouveaux tricks, tout ce qui est aérien, grinder* de belles margelles.

Comment t’entraînes-tu ?
Louise-Aina : Je m’entraîne jusqu’à six séances de trois heures par semaine. En saison, mes parents travaillent beaucoup et je ride au Wesh Center Crew, le club de mes parents à Leucate, sinon je vais aux skateparks de Perpignan, du Barcarès et de Narbonne. Et depuis un an, je fais partie de l’équipe de France junior avec laquelle je vais partir en stage à Toulouse.

Tu rêves de Paris 2024 ?
Louise-Aina : C’est vrai que c’est mon objectif. Il faudra marquer des points dans des
compétitions internationales du Dew Tour et être championne de France.
Julien : Nous y allons crescendo. La fédération veut accompagner Nana jusqu’aux Jeux olympiques. Mais cela reste du skate, une discipline avec des juges. Et nous allons devoir faire beaucoup de déplacements aux États-Unis, au Brésil et en Europe.

As-tu regardé les épreuves de skate des Jeux olympiques de Tokyo ?
Louise-Aina : J’ai fait une nuit blanche pour regarder de 2 h à 5 h l’épreuve des filles et
la performance de Mady, la Française qui m’a battue au championnat de France. Après, je me suis endormie ! Je n’ai pas pu voir les épreuves masculines. Mais ça m’a donné envie et j’ai un but.


* Le skateur glisse le long d’une surface entrant en contact avec les trucks du skate-board (les pièces mobiles servant de liaison entre la planche et les roues).