Aménagement du territoire, Inondations, Environnement

De nouvelles actions dans la lutte contre les inondations

La présidente du Département de l'Aude Hélène Sandragné et Sophie Élizéon, préfète, ont annoncé, ce vendredi 23 octobre, les grandes lignes des programmes d'actions - avenant au Papi 2, lancement du Papi 3 - qui vont être engagés, pour la décennie à venir, dans la lutte contre les inondations.

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Le rendez-vous était d'importance. Ce vendredi 23 octobre, la présidente Hélène Sandragné, la préfète de l'Aude Sophie Élizéon et le président du syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR) Pierre-Henri Ilhes ont non seulement fait le point sur les actions menées sur le front de la lutte contre les inondations sur le territoire audois, mais ils ont esquissé les grandes lignes des programmes d'actions - avenant au Papi 2, lancement du Papi 3 - qui vont être engagés pour la décennie à venir.

Huit nouvelles études hydrographiques sur des secteurs "sensibles" dans l'Aude

Les intempéries meurtrières des 14 et 15 octobre 2018 ont tout d'abord amené les autorités à décider d'un avenant de deux ans au programme d'actions et de prévention des inondations (Papi 2), initialement prévu sur la période 2015-2020.  L'indispensable besoin d'être toujours plus réactifs tout en assurant la résilience de notre territoire a conduit à la réalisation de 8 nouvelles études post-crues 2018. Actuellement en cours, elles ont pour vocation d'analyser le fonctionnement hydrographique de 8 secteurs "sensibles" et de déterminer des solutions de protection des personnes et des biens.

Sont concernées les territoires de :

  • Saint-Hilaire
  • La vallée du Lauquet
  • Villegailhenc
  • La vallée de l'Orbiel-Trapel
  • Les digues du Carcassonnais
  • La Redorte
  • Villalier
  • Saint-Marcel-sur-Aude

Diagnostic de vulnérabilité des habitations dans 70 communes audoises et nouveaux plans communaux de sauvegarde

Le deuxième point de l'avenant au Papi 2 vise à réduire la vulnérabilité des particuliers, phénomène monté en puissance lors des dernières crues. Lancé début 2020, le dispositif "L'Aude à l'abri" propose aux Audois·e·s la réalisation d'un diagnostic de vulnérabilité de leur habitation accompagné de préconisations afin de réduire le risque d'inondation. Pris en charge à 100% par le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMARR) grâce aux cofinancements de l'État, de la Région et du Département, il est éligible dans 70 communes prioritaires. Déjà 300 diagnostics ont été réalisés.

Enfin, d'ici 2022, 120 plans communaux de sauvegarde dits de "deuxième génération" - le document détermine à l'avance une organisation à mettre en œuvre, à l'échelle d'une commune, en cas de survenue de phénomènes naturels, sanitaires ou technologiques majeurs, dans le but de préserver les vies humaines et limiter les dégâts matériels - seront rédigés. Les améliorations qui seront apportées aux anciens plans résulteront notamment de la prise en compte de l'impact des inondations d'octobre 2018.

Ruissellement urbain et submersion marine à l'ordre du jour du 3e plan d'actions et de prévention des risques d'inondation (Papi 3)

L'autre point abordé conjointement par Hélène Sandragné, Sophie Élizéon et Pierre Henri Ilhes projette l'Aude, en matière de lutte contre les inondations, jusqu'à la fin 2018 puisque tous les trois ont annoncé le lancement de la procédure de concertation pour l'élaboration du troisième plan d'actions et de prévention des inondations (Papi 3) pour la période 2023-2028.

Communes, intercommunalités, Département, État travailleront main dans la main à l'élaboration de la future feuille de route. Alors que les 8 nouvelles études hydrographiques citées plus haut contribueront à orienter le programme, deux nouveaux axes ont déjà été retenus : l'existence des risques liés au ruissellement urbain et la prise en compte de la submersion marine. Et ce, afin d'apporter des solutions innovantes pour protéger les vies, et les habitats.

Le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières, pilier de la lutte contre les inondations dans l'Aude

Créé en 2002 sous l'impulsion du Département et du préfet de l'Aude, le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR) coordonne la gestion de l'eau ainsi que les actions de prévention des inondations à l’échelle du bassin versant.

Suite aux crues meurtrières de 1999, une réflexion avait en effet été engagée par le Département de l’Aude afin d’expliquer, au-delà de l’épisode pluvieux, les dysfonctionnements à l’origine des dégâts. La naissance du SMMAR a débouché sur la mise en place d'une action cohérente de l’amont à l’aval du bassin versant, grâce à l'adhésion et l'implication de 438 communes du département de l’Aude, de 30 communes du département de l’Hérault, de 6 des Pyrénées-Orientales et de 5 de l’Ariège.

Aujourd'hui, les communes audoises, regroupées en syndicats de rivières, sont épaulées par le SMMAR dans l'organisation de l'entretien des lits des rivières. Une assistance technique leur est notamment proposée avec pour objectif d'éviter que les travaux des uns n'aggravent les risques pour d'autres. 

Le SMMAR aide également les syndicats dans le montage des dossiers techniques et financiers d'aménagements visant à limiter l'impact des crues et protéger les zones habitées, pour lequel le conseil départemental apporte une aide financière.

Les programmes d'actions et de prévention des risques d'inondation

Enfin plus de coordonner des actions transversales à l'échelle du bassin versant de l'Aude, le Smmar supervise l'élaboration et la mise en œuvre des programmes d'actions et de prévention des risques d'inondation. Pour rappel : 

  • Papi 1 (2006-2014) : 308 actions dont les digues de Cuxac pour 25 M€ et la réalisation de 210 plans communaux de sauvegarde. Montant total engagé : 81 M€.
  • PAPI (2015-2020) : prolongation des actions du premier programme.  29,2 M€ consacrés aux actions de prévention des inondations et 20 M€ pour les programmes pluriannuels de gestion des bassins versants (PPGBV). Un avenant a été signé (2020-2022) suite à la crue meurtrière d'octobre 2018.