Handisport : la belle lumière d'une soldate de l'ombre

Annick Amans
Un terrible accident de la route a changé le regard d’Annick Amans sur la vie. Déjà impliquée dans le monde associatif, elle s’est engagée depuis plusieurs années au sein du Comité départemental handisport. Une femme solidaire et généreuse, récompensée pour son engagement aux dernières Victoires audoises du sport féminin.

Publié le

Que représente votre « Victoire de l’engagement personnel sport et handicap », reçue en mai dernier lors des Victoires audoises du sport féminin ?
Annick Amans : Cela m’a vraiment touchée, d’autant que la présidente Hélène Sandragné, une femme que j’apprécie, était présente. Chaque année, je recommence mon travail de l’ombre avec passion, car je me rappelle d’où je viens et toutes les épreuves que nous avons traversées mon mari et moi.

Comment a débuté l’histoire de cet engagement ?
A. A. : Nous avons 50 ans de bénévolat avec mon mari, au sein de la Ligue contre le cancer notamment. En 1988, ma vie a été bouleversée à la suite d’un accident. Un camion a percuté ma voiture et certains de mes organes vitaux ont été atteints. Je suis restée immobilisée trois mois à regarder le plafond. Les médecins n’étaient pas certains que je remarche un jour. Un instrument de musique m’a sauvée et redonné goût à la vie ! Je me suis alors promis d’acheter un orgue de barbarie dès que j’irais mieux. C’est ce que j’ai fait ! Depuis, je l’ai mis à disposition de gens que j’aime, d’associations, de maisons de retraite. Et les années qui ont suivi m’ont permis de réfléchir au handicap en vivant moi-même cette situation.

Quel est votre rôle au sein du Comité départemental handisport ?
A. A. : J’ai fait la belle rencontre de Patrick Athiel, président de l’association Tous Ex Æquo. Je lui ai proposé de venir jouer de mon orgue à leur assemblée et il m’a parrainée pour entrer au comité. Depuis 2017, je suis chargée de m’occuper du sponsoring de la brochure éditée pour le Tour de l’Aude handisport. J’ai été élue en 2019 au comité régional. Et pour 2023, je gère le marketing des Jeux régionaux de l’avenir handisport.  

D’autres actions vous tiennent à coeur ?
A. A. : J’aide Romain Fantaccino, qui a pour rêve de participer aux JO de Paris 2024 en tandem malvoyant. Je lui trouve des partenaires. J’ai aussi été très touchée par l’histoire de la petite Jade, rencontrée aux Jeux régionaux de Lunel. Elle a 8 ans et, suite à une maladie, elle a perdu ses deux jambes. Notre Lions Club Carcassonne Terre d’Aude va financer l’achat de son fauteuil.

Un message à faire passer sur le bénévolat ?
A. A. : J’aime citer ce texte de Jean d’Ormesson qui compare la vie à un train : « On ne sait pas à quelle station nous descendrons, donc vivons heureux, aimons et pardonnons. Lorsque nous descendrons du train, nous ne devons laisser que de beaux souvenirs à ceux qui continuent le voyage. » Et le bénévolat, c’est tout simplement le bonheur d’aider les autres. Parfois je suis très fatiguée, mais je ne lâcherai jamais !    

Une interview à retrouver dans le numéro 40 d'audeMAG