Le réseau Gée Aude, Groupe d’éducation à l’environnement de l’Aude, est né en 2001 de la volonté de plusieurs associations de s’unir pour promouvoir l’éducation à l’environnement et au développement durable. Aujourd’hui, ses 66 membres s’attachent à mettre en lumière la biodiversité de l’Aude, classé troisième département de France en la matière, en menant des actions de sensibilisation auprès de tous les publics et en éditant, avec le Département, le programme des sorties des espaces naturels sensibles. Rencontre avec Anne Canovas, directrice du réseau, et Laura Pfeffen, sa coprésidente.
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Qu’est-ce que Gée Aude ? Anne Canovas. C’est une association dont les adhérents sont en grande majorité des associations (52 sur 66 adhérents), elles-mêmes oeuvrant pour l’éducation à l’environnement et au développement durable. Notre objet est la promotion et le développement de l’éducation à l’environnement. Cela touche bien sûr à la biodiversité mais aussi au changement climatique, à l’alimentation, au cadre de vie, à la végétalisation urbaine, etc. Et nous nous adressons à tous les publics : scolaires, élus, animateurs, personnes en situation de handicap, grand public, etc. L’association est labellisée Guid’asso et travaille en lien avec le Département.
Quelles formes prend ce partenariat ? A. C. La collaboration avec le Département date de plus de quinze ans. C’est un partenariat à la fois financier et technique, en particulier avec les services Environnement et Agriculture mais aussi Éducation. Le programme de sorties nature « Découvrons ensemble » est l’une des actions phares.
Comment est réalisée cette programmation de sorties ? Laura Pfeffen. Ce programme court d’avril à décembre et propose près de 150 sorties gratuites et tout public. Le travail de Gée Aude consiste à mettre toutes les collectivités et une trentaine d’associations autour de la table.
Dans quels champs d’actions intervenez-vous ? A. C. Nous agissons sur plusieurs domaines : la sensibilisation, l’accompagnement mais aussi la mise en réseau. On dit qu’il ne peut y avoir de transition écologique sans éducation. Côté sensibilisation, nous accompagnons des projets dans les collèges pour l’opération « Planète collège ». Une association travaille avec une classe en fonction de la thématique choisie. Fin mai, les collégiens ont présenté leurs travaux. Nous menons également une mission de formation auprès des animateurs des associations, par exemple sur le risque incendies en nature. L. P. Nous avons aussi un dispositif « Éduquer dehors » : il s’étend aux maternelles, primaires et aux centres de loisirs. L’idée est d’aller à l’extérieur découvrir la nature, qui devient le support des cours pour toutes les matières. Déjà une centaine d’enseignants formés se sont lancés dans la démarche.
Un projet qui vous tient à coeur ? L. P. L’an dernier, nous avons lancé « Santé et environnement » avec des partenaires comme la Mutualité sociale agricole, les bailleurs sociaux ou l’Agence régionale de santé : ce projet consiste à sensibiliser les élus et les techniciens des collectivités aux questions de santé. Nous organisons notamment des journées où ils rencontrent des professionnels pour évoquer des sujets comme la pollution de l’air, les îlots de chaleur ou les problèmes de santé mentale en lien avec le manque de nature. A. C. Nous sommes en train de finaliser la création d’un kit d’outils pédagogiques sur la biodiversité audoise grâce à un financement du Département et de fondations. Il est constitué d’une carte puzzle, d’un quiz, d’un jeu de plateau et d’une exposition. Cet outil pourra être mis à disposition dès septembre et nous servira lorsque nous serons présents sur des événements pour sensibiliser le grand public.
Quel est votre coup de coeur de sortie nature ? A. C. J’aime les lagunes, les étangs autour de Bages ou de Gruissan par exemple, pour la diversité des oiseaux que l’on peut y observer et le jeu des lumières sur l’eau. Ce sont de magnifiques lieux ouverts. L. P. Moi, ce sont les Corbières. J’aime la végétation de la garrigue, la présence de nombreux reptiles. J’apprécie particulièrement le secteur de Lagrasse pour son bâti, le côté vallonné et sa garrigue.
Biographie Anne Canovas et Laura Pfeffen 1980. Naissance d’Anne Canovas. Ses parents s’installent très tôt dans l’Hérault près de Béziers. 1992. Naissance de Laura Pfeffen à Montluçon. 2012. Laura décroche un BTS en gestion et protection de la nature en Bretagne, puis une licence en biologie des écosystèmes à Anglet. Elle obtient aussi son diplôme d’animatrice de randonnée qu’elle exerce en indépendante. 2015. Après avoir travaillé dix ans en coopération viticole, Anne reprend ses études pour un diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (DEJEPS) et se forme aux métiers de coordination de projets en réseau. 2016. Anne intègre l’association Gée Aude dont elle prend la direction. 2022. Laura devient coprésidente de Gée Aude. 2024. Laura participe à la création de l’association Le chant des grenouilles, qui agit pour la sensibilisation à la protection de l’environnement.