Temps fort de la vie de la collectivité, la cérémonie des voeux aux personnalités audoises a rassemblé les forces vives du territoire audois, ce vendredi 16 janvier, à l'hôtel du Département de Carcassonne. Le moment, pour la présidente du conseil départemental Hélène Sandragné, de s'adresser aux partenaires institutionnels, associatifs, économiques et aux élus avec qui conseillers départementaux et services collaborent, dans l'intérêt des Audoises et des Audois.
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Un moment de force collective et d’engagement sans faille de la communauté audoise."
L'année 2025, la présidente l'a rappelé en préambule, a été marquée par "L'Ogre des Corbières", catalyseur finalement de la "force de renaître" des Audoises et des Audois. "Ces incendies auraient pu nous abattre, nous laisser à terre, sonnés par leur violence et l’ampleur de leurs conséquences. Mais il n’en a rien été, loin s’en faut. Parce qu’ils ont aussi donné à voir un moment de force collective et d’engagement sans faille de la communauté audoise." Et de saluer le travail des maires et de l'ensemble des forces de secours et de sécurité. "Le service public, souvent décrié et moqué, a montré, dans la multitude de sa palette d’interventions, son efficacité, sa réactivité et son abnégation."
Hélène Sandragné veut y voir ce qui existe de commun à chacun : cet attachement au territoire audois. "Les crises traversées sont des moments de difficulté et des épreuves, mais elles permettent aussi de faire émerger ce qui existe de plus positif en nous. C’est le sens des vœux (ndlr : L'Aude, des lieux, un lien) que le Département a choisis d’adresser en cette année 2026, en rappelant la pluralité de notre territoire (...) L’énergie des relations qui, par-delà cette diversité, forme notre unicité".
""L’Aude, des lieux, un lien." Derrière ce message s’inscrivent donc en filigrane la solidarité et la coopération, valeurs si chères aux Audoises et aux Audois."
"Résolument optimiste", la présidente du Département n'a pas pour autant éludé les difficultés actuelles subies par les habitants et la collectivité, "à des niveaux qui nous échappent comme dans nos propres actions".
"Alors que la conjoncture économique et sociale laisse en difficulté beaucoup de nos concitoyens, le Département, chef de file des solidarités humaines et territoriales, est privé des moyens pour faire face à ses obligations, a-t-elle rappelé. Et je le dis en responsabilité et en pesant chaque mot."
Aux mots, s'ajoutent les calculs. "Depuis l’année dernière, rien n’a changé dans ce constat et je vous donnerai juste deux chiffres pour que vous en mesuriez l’importance. En deux ans, de 2023 à 2025, les Départements ont subi 6 milliards de dépenses en plus et 8,5 milliards de recettes en moins. Pour l’Aude, cela représente une perte sèche sur la période de 35 millions d’euros ! Qui peut réellement construire un budget dans ces conditions alors que les besoins et les attentes de nos concitoyens, elles, ne faiblissent pas, notamment en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation de la précarité."
Une situation avec laquelle le Département doit faire. "Nous sommes contraints dans l’élaboration de nos budgets et nous continuerons le travail de dentellière et d’équilibriste, consistant à étudier ligne à ligne les choix de dépenses, pour les minimiser partout où cela est possible en préservant l’essentiel. Nous en arrivons à devoir faire la différence entre l’utile et le nécessaire pour prendre les décisions qui s’imposent, et, en interne, nous travaillons les réorganisations indispensables en interrogeant tout renouvellement de poste lors de chaque départ de la collectivité, pour retraite ou mutation."
Je suis une femme de gauche, socialiste. Je ne me suis pas engagée dans la vie publique et politique pour faire des coupes budgétaires et diminuer les effectifs de la fonction publique, garant du vivre ensemble. Mais dans un contexte financier tendu, je dois assumer mes responsabilités."
Une situation que la présidente refuse toutefois de subir. "Je suis une femme de gauche, socialiste. Je ne me suis pas engagée dans la vie publique et politique pour faire des coupes budgétaires et diminuer les effectifs de la fonction publique, garant du vivre ensemble. Mais dans un contexte financier tendu, je dois assumer mes responsabilités. Ne pas le faire, ce serait laisser la main à d’autres, qui le feraient sans vergogne, sans préserver la richesse de nos actions et de nos interventions notamment auprès du tissu économique et associatif local, que nous tentons de préserver."
Un rôle prépondérant, même dans l’économie locale. "Le Département est le premier acheteur public de l’Aude : nous consacrons plus de 90 millions d’euros à la commande publique tous les ans, dont 60 % directement pour des entreprises audoises et 20 % pour des entreprises de départements limitrophes, a dévoilé Hélène Sandragné. Ces achats publics engendrent le maintien et le développement de l'emploi dans des proportions importantes."
Et ce, alors que le Département vient de se doter en 2025 d’une stratégie d’achats socialement et écologiquement responsables "afin de confirmer et renforcer notre rôle en la matière. Soyez assurés que nous avons bien en tête ce rôle et ses impacts à l’heure où nous devons prendre des décisions budgétaires. De même nous sommes pleinement conscients de notre contribution à la vie associative, dans le domaine du social, de la culture, du sport, de l’environnement comme de notre soutien aux investissements publics de nos communes. Malgré la conjoncture, nous tâchons de préserver ces secteurs d’intervention tout en affinant nos critères d’attribution pour toujours plus de justice et de solidarité."
Pour finir, Hélène Sandragné a projeté la collectivité en 2026, à travers deux dossiers "phares" :
La poursuite du plan d'habitabilité pour les Corbières en collaboration avec la Région, l'Etat et les acteurs publics locaux. "Il vise à répondre aux problématiques traversées par ce territoire mais au-delà, il constitue une expérimentation qui pourra être étendue aux autres lieux de notre département."
Le vote prochain du schéma unique des solidarités."Il s’agit du document qui structure la principale politique du Département. Et celle qui concerne le plus grand nombre d’usagers que nous accompagnons : nos concitoyens les plus fragiles, des plus jeunes à l’enfance en difficulté, des plus âgées aux personnes en situation de handicap, en passant par celles en difficulté sociale."
"D’autres projets, d’autres actions, dans le domaine de l’environnement, des routes et des mobilités, de l’accompagnement des territoires, prendront corps en 2026. Toujours avec l’ambition d’être utiles à l’Aude, aux Audoises et aux Audois", a-t-elle aussi évoqué, avant de formuler ses souhaits pour l'année à venir.
Une année de solidarité, de cohésion et de coopération. Qu’elle nous permette de tisser et de renforcer nos liens."
"À vous toutes et vous tous, au nom de tous les conseillers départementaux autour de moi réunis, au nom de tous les agents départementaux qui œuvrent au quotidien pour notre belle Aude et ses habitants, je vous présente nos meilleurs vœux pour l’année 2026 ! Qu’elle soit une année de solidarité, de cohésion et de coopération. Qu’elle nous permette de tisser et de renforcer nos liens."
Pour une autonomie financière Dans son discours, Hélène Sandragné n'a pas manqué d'évoquer le souhait d'une autonomie financière des Départements. "Nous entretenons, avec mes collègues présidents au sein des Départements de France, un dialogue tendu et serré avec le gouvernement pour qu’enfin l’autonomie financière des départements et des collectivités plus largement, soit mise en œuvre. Il s’agit là d’une impérieuse nécessité tant les enjeux auxquels nous devons faire face sont multiples."