Archives départementales, Culture

Humeurs vagabondes, ou comment les déplacements ont construit notre société

Cuxac-d'Aude

Les Archives départementales de l'Aude vous proposent, pour 2020, tout un programme de conférences sur l'ensemble du territoire audois sur le thème : Humeurs vagabondes, circulations et déplacements de l'antiquité à nos jours

Venez à la rencontre d'historiens pour découvrir et apprendre sur des phénomènes qui ont construit notre société. 

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A contrario de l’image d’Épinal qui considère les sociétés du passé comme immuables et immobiles, les mobilités se sont imposées dans le champ de la recherche historique depuis une vingtaine d’années.

Les déplacements, fondement de notre histoire

De plus en plus nombreuses, fréquentes et rapides dans le monde du XXIe siècle, elles irriguent en effet l’évolution de l’humanité depuis ses plus lointaines origines. Durant des siècles, le nomadisme a d’ailleurs constitué la norme, malgré une sédentarisation initiée dès le Néolithique.

Liée à l’histoire des transports, mais aussi à celle des guerres, du commerce, des religions, des colonisations, des découvertes géographiques et scientifiques, de l’aménagement du territoire, de l’environnement, des migrations, des voyages et du tourisme, l’histoire des déplacements se situe donc au croisement de différentes problématiques majeures.

Les interrogations qu’elle soulève constituent d’ailleurs des prolongements aux questions qui ont été posées par les conférences du cycle Audois.es d’ici et d’ailleurs, tout au long de l’année 2019.

Depuis l’époque gallo-romaine, archéologues et historiens nous proposent donc de voyager à pied, à cheval, en bateau, en train, en voiture ou en avion à travers les pays d’Aude, en méditant cette phrase de l’écrivain Jacques Lanzmann : « Partir, prendre la route, c’est vivre à fond. C’est se fondre dans le paysage. C’est traverser les apparences et s’habituer aux différences ».
 

Programme des conférences

Vendredi  7 février 2020 : Espace Communal Daudé, à Bages, 18 h.

Par Marie-Pierre Jézégou,  ingénieure d’études au Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. 

En 2014, la découverte d’une épave de l’Antiquité tardive à Mandirac,  a conforté le projet de recherches archéologiques sur les ports antiques de Narbonne. A l’époque romaine, des bateaux de tous tonnages assurent les différentes phases d’un intense commerce transméditerranéen, entre l’Italie et la Gaule, portant notamment sur quelques produits emblématiques (vin, huile,…). Pour assurer l’acheminement des amphores et autres objets, des petits caboteurs circulent dans les étangs et les zones lagunaires, alors que les cargos se chargent des trajets en haute mer. C’est tout un monde d’échanges, à travers une multitude de sites aménagés, que l’on découvre alors sur le littoral languedocien.

Vendredi 13 mars 2020 : Trausse-Minervois,  salle de la Tour, 18 h.

Par Adeline Rucquoi, historienne, Directrice de recherches honoraire au CNRS et en partenariat avec l’association Histoire et Généalogie en Minervois

Dès le haut Moyen Age, des pèlerins sillonnent routes et chemins du Midi, pour se rendre aux grands sanctuaires régionaux (Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Gilles, Rocamadour,…) ou à Compostelle, en Galice, sur le tombeau de saint Jacques. Situés en dehors du chemin d’Arles, les pays d’Aude n’en sont pas moins traversés par un itinéraire secondaire, appelé Camin Roumieu, dont l’existence est très tôt attestée. Cette société pérégrine, difficile à saisir et très diverse, nous apparaît notamment à travers la découverte d’une tombe de pèlerin à Trausse-Minervois, dans les années 1960. Pourvue d’un riche mobilier funéraire comprenant 22 coquilles et plusieurs enseignes, elle illustre l’importance du « geste pèlerin » aux époques médiévale et moderne.
 

Date à redéfinir

Par l'équipe des Archives départementales de l'Aude. 

Les tarifs de leude du Moyen-Âge par Elodie Capet, les cartes des routes et chemins sous l’Ancien Régime et les plans et cartes du Canal du Midi par Claude-Marie Robion, les registres d’immatriculation des véhicules automobiles (début du XXe siècle) et les registres d’entrées et de sorties des navires à Port-La-Nouvelle (années 1960-1970) par Adrien Aitanti.

Dans les archives publiques, on trouve de très nombreux documents concernant le réseau routier, les voies de chemin de fer et les questions de navigation, fluviale ou maritime. Toutefois, à toutes les époques, certains documents inattendus apportent des éclairages et des renseignements insoupçonnés sur la question des mobilités humaines et la façon dont elles s’articulent pour redessiner les espaces territoriaux. Souvent inconnues des historiens,  ces sources atypiques permettent parfois de dépasser l’apport de la documentation classique.
 

Date à redéfinir

Par Jean-Michel Sicard, historien. 

Le canal du Midi était prioritairement destiné au transport des marchandises, mais dès le début, il fut aussi considéré comme une alternative aux transports terrestres pour les voyageurs. Les routes étaient alors dangereuses et les diligences inconfortables, alors que le canal apportait la sécurité et un relatif confort. Mue par un ou deux chevaux, la barque de poste, depuis l’époque de Riquet jusqu’au triomphe du chemin de fer, a transporté ainsi des milliers de voyageurs entre Toulouse et la Méditerranée. Certains d’entre eux nous ont d’ailleurs laissé le récit, vivant ou monotone, d’écluses en auberges, de leur voyage au fil de l’eau.
 

Date à redéfinir

Par Michel Passelac, archéologue, chercheur honoraire au CNRS, associé au laboratoire « Archéologie des sociétés méditerranéennes » de Montpellier :  ( en partenariat avec le Laboratoire d’Archéologie du Lauragais dans le cadre des Journées nationales de l’Archéologie).

Dans l’antiquité romaine, les terres audoises étaient traversées par deux routes d’une importance considérable : la Via Domitia, reliant Narbonne à l’Espagne, et la Via Aquitania permettant d’accéder à Toulouse et au-delà à la région bordelaise. Elles étaient sillonnées de façon incessante par des convois, militaires et marchands, assurant ainsi un contact continu entre Atlantique et Méditerranée. Traversant des agglomérations (Eburomagus/Bram), elles étaient également bordées par de nombreux sites, établissements privés destinés principalement au service des voyageurs et des transporteurs, traduisant l’importance de cet axe, qui n’était doublé d’aucune voie navigable, ainsi que son rôle majeur dans l’occupation du sol et l’économie de la région.

Mercredi  16 septembre 2020 : à la Médiathèque d’agglo, Narbonne à 18 h.

Par Gilbert Larguier, historien, professeur honoraire d’histoire moderne à l’Université de Perpignan.

Entre XVIe et XVIIIe siècle, l’espace méditerranéen est le lieu privilégié de l’affrontement entre l’Orient et l’Occident, entre les royaumes européens et le pouvoir envahissant des sultans ottomans. Malgré une insécurité permanente, il est constamment parcouru par des milliers d’embarcations, qui assurent un commerce foisonnant et ininterrompu, à grande distance ou de proximité. L’histoire de la ville de Narbonne, tant au niveau portuaire qu’au niveau commercial, fournit ainsi un bon exemple des évolutions décisives que connaît la navigation à cette période, où la mer constitue encore un milieu hostile et mystérieux, entre raids barbaresques, cabotage, pêche et salins.
 

Mardi 13 octobre 2020 : au Foyer de Belpech, à 20 h 30.

Par Auguste Armengaud, historien et président de la Société d’Histoire de Belpech et du Garnaguès  et en partenariat avec la Société d’Histoire de Belpech et du Garnaguès.

Fondée en 1898, la compagnie des Tramways à vapeur de l’Aude exploite, entre 1901 et 1933, des lignes de chemins de fer secondaires qui irriguent l’ensemble du territoire départemental. Long de 342 km, ce vaste réseau, constitué autour de Carcassonne et de Narbonne, multiplie les gares, permet le désenclavement des zones rurales et facilite le commerce, même s’il connaît plusieurs accidents spectaculaires. Premier transport en commun de l’histoire audoise, les tramways disparaissent finalement face à la concurrence de la route et sont remplacés par des lignes d’autocars. Toutefois, nombre de photographies et de cartes postales rappellent encore la « Belle époque » du petit train des vignes et des collines.
 

Jeudi 19 novembre 2020 : Médiathèque de Lézignan-Corbière, 18 h 30.

Par Philippe Marcy, historien et responsable de Vilatges al Pais suivie d’une projection, en partenariat avec l’association Latécoère dans le cadre de la 3ème Quinzaine de l’Aéropostale.

Largement méconnue, l’histoire de l’aviation dans le département de l’Aude est pourtant très riche. Elle englobe la création, à partir du début du XXe siècle des aérodromes de Carcassonne, Castelnaudary et Lézignan-Corbières. Il faut aussi lui rattacher la célèbre épopée de l’aéropostale, illustrée notamment par des pilotes audois comme Léopold Gourp, originaire de Rieux-Minervois. Comprenant aussi le rôle des aviateurs dans la Seconde Guerre mondiale, puis la multiplication des meetings aériens, elle trouve enfin des prolongements actuels avec l’activité des aéroclubs et les multiples associations passionnées par les rêves toujours inassouvis des « fous volants ».
 

Mardi 15 décembre 2020 :  Salle d’exposition des Archives départementales de l'Aude à 20 h 30.

Avec Stéphane Gervais, Directeur départemental des Routes et des Mobilités, et Stéphane Durand, professeur d’histoire moderne à l’Université d’Avignon.   

Entre la construction de la route Vauban, dans la Haute Vallée de l’Aude à la fin du XVIIe siècle et celle des autoroutes A 9 et A 62 dans les années 1970, l’histoire du réseau routier audois s’est faite par étapes progressives, correspondant à divers phénomènes historiques mais aussi au rôle assidu de l’administration des Ponts-et-Chaussées. La compréhension du tissu routier actuel et de ses spécificités passe donc par une nécessaire analyse rétrospective qui peut être menée notamment à partir des documents cartographiques. Historiens, géographes et ingénieurs apportent ainsi leurs regards croisés à ce qui constitue toujours un vaste défi pour l’administration départementale : relier les habitants entre eux malgré l’éloignement et le relief accidenté.
 

Mercredi 24 Juin, aux Archives départementales de l’Aude à 20 h.

       Ils sont d’ici, ils sont venus d’ailleurs. 
Pour fuir la misère, la guerre, une dictature ou un génocide, ils ont quitté leur terre dans l'espoir d'une vie meilleure.
Ils ont marché jusqu’à nous et, là où leurs pas les ont menés, ils ont contribué à notre expansion économique et à l’enrichissement de notre culture.
Leur histoire est notre histoire.

     
      A travers les chants et les textes humanistes de son nouveau spectacle, la chorale du « Chiffon Rouge » souhaite adresser un message de solidarité et de fraternité à tous ceux qui sont venus jusqu’à nous.