VanBinh Artiste en toute décompression

VanBinh
En 1970, la salle Pierre-Scohy à Aulnay-sous-Bois est comble. Un petit garçon âgé d’à peine cinq ans vient de dessiner un dragon. Pour cette soirée de gala, le jeune VanBinh souffle le show en mettant le feu à la peinture selon la technique du dessin au feu. Le futur artiste est en train de tracer sa voie, sans le savoir.

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C'est l'énergie qui me fait avancer, c'est ouvrir de nouvelles frontières comme un explorateur.

2019, vingt ans après son arrivée dans l’Aude, le plasticien reconnu internationalement n’a pas oublié ses racines. Rien ne prédestinait pourtant ce fils de militaire vietnamien à devenir artiste. Mais certains regards bienveillants l’ont conduit vers l’école supérieure des arts appliqués Duperré, à Paris, et une première vie de designer pour des marques de luxe comme Paco Rabanne. « Des adultes ont su me faire confiance. Aujourd’hui, je ne peux que renvoyer la balle. » 

 

À 53 ans, VanBinh désire partager son savoir et construire des passerelles avec les jeunes. Les deux résidences au collège Antoine-Courrière en sont un exemple. Avec des élèves d’une classe de 5e, il a réalisé une œuvre contemporaine mise en vente à la galerie perpignanaise Can Cago, la Main de fer, au profit des sinistrés des inondations de l’Aude. 

 

Une deuxième résidence autour du thème de la Retirada a débouché sur la création d’une sculpture monumentale avec des élèves de 3e. Une plaque d’acier transpercée d’impacts de balles symbolisant les premières notes de No Pasaran, complétée par des silhouettes de femmes et d’hommes peintes façon « street art », a été installée impasse de la Manufacture-Royale à Montolieu. 

 

Comme ces exilés, VanBinh est épris de liberté.
« C’est l’énergie qui me fait avancer, c’est ouvrir de nouvelles frontières, comme un explorateur. » Dans son atelier, il martèle la matière et la polit pour mieux faire ressurgir la poésie et la brutalité du monde. Ce conquistador de l’art, tailleur d’émotions, rêve d’explorer de nouvelles terres artistiques mais sans jamais oublier le sens du partage.