Une femme à l'âme cathare

Ève Thion
Présidente de l'association pour le développement économique de la marque Pays cathare®

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Il est important de marquer son attachement au territoire.

  • 1976. Naissance en Californie de parents français. Acquiert la double nationalité.
  • 1990. Rentre définitivement en France et vit dans l’Hérault.
  • 1997. Décroche un BTS Assistante de direction et travaille à Montpellier.
  • 2006. S’installe avec son mari au domaine des Massols, à Marsa, pour y réaliser un projet agrotouristique.
  • 2010. Obtient son brevet de responsable d’exploitation agricole.
  • 2015. Ouverture de la table et des chambres d’hôtes.
  • 2018. Préside l’association pour le développement économique de la marque Pays cathare®.

 

Avec son mari, ils ont redonné vie au domaine des Massols en y créant une activité agrotouristique. Depuis 2018, Ève Thion est aussi présidente de l’association pour le développement économique de la marque Pays cathare®.

 

audeMAG : Vous dites du domaine des Massols que c’est « une histoire de couple ». Racontez-nous…

Nous vivions à Montpellier quand, en 2006, avec mon mari Antony, nous avons décidé d’un changement radical de vie. Nous sommes alors partis à la recherche d’un endroit où nous pourrions vivre loin de tout. Nous sommes tombés sous le charme du domaine des Massols, à Marsa. Quatre bâtisses en ruines cachées au milieu de 27 hectares de végétation. Tout était à faire.

 

Huit ans de travaux ont été nécessaires… Comment avez-vous adapté votre projet agrotouristique au terrain ?

Nous avons pratiquement tout fait seuls. En plus de créer les chambres et la table d’hôtes, nous nous sommes lancés dans la production agricole. Du fait de la typicité du terrain, organisé en petites parcelles et en pente, nous avons opté pour des cultures à forte valeur ajoutée : le safran et les baies. Nous avons créé un atelier de transformation qui est aussi la cuisine de l’auberge.

 

Le safran et les baies que vous cultivez sont d’ailleurs devenus la « marque de fabrique » de votre table d’hôtes…

Oui, la moitié de notre production est cuisinée pour notre clientèle. C’est véritablement « du champ à l’assiette ». L’autre moitié est transformée en sirops, confitures, etc., commercialisés sur des salons tournés vers les produits d’exception.

 

Être perdu au milieu de la nature, c’est l’atout charme de votre domaine ?

Absolument. Nous sommes loin du premier village. Ainsi nous n’avons pas de pollution sonore ni lumineuse. Pas de télévision dans les chambres, du Wi-Fi uniquement dans le salon commun… Nous proposons une déconnexion totale. Nous accueillons une grosse clientèle de Toulousains désireux de s’évader pour quelques jours, mais aussi des étrangers.

 

Vous êtes aujourd’hui reconnus par plusieurs labels…

Oui, nous avons la reconnaissance de Bienvenue à la ferme et Gîtes de France. Et nous sommes labellisés Pays cathare® pour nos produits et notre activité touristique.

 

Pourquoi avoir adhéré à la marque Pays cathare® ?

Il me semble important de marquer son attachement au territoire. C’est lui qui nous fait vivre, et nous, nous participons à son développement et à son rayonnement. C’est un échange. Et puis c’est se différencier sur des critères de qualité, le moyen de le faire savoir. La marque offre une visibilité et permet une mise en réseau entre les acteurs.

 

Vous êtes même allée plus loin en proposant la commercialisation de coffrets Pays cathare®…

J’avais découvert le concept sur l’île d’Oléron et je me suis dit qu’il fallait s’en inspirer ici. J’ai soumis l’idée au Département qui a tout de suite adhéré. On a monté l’an dernier une association de producteurs dont je suis devenue la présidente. Les premiers coffrets Pays cathare® regroupant différents produits du terroir de la marque sont sortis à l’été 2018, mis en vente sur les différents pôles, les boutiques et sites labellisés comme les châteaux et les abbayes.

 

Vous êtes aussi dans une démarche plus générale de développement de la marque…

Oui. Il faut amener plus de producteurs et d’artisans dans cette démarche. Leur donner envie de rejoindre la marque. Nous ne sommes pas assez nombreux et visibles alors que beaucoup sont déjà dans cette démarche de qualité et remplissent les critères pour être labellisés. Il y a un vrai potentiel à exploiter.