Parti de Ribaute le 5 août 2025, l'incendie des Corbières a ravagé quelque 17 000 hectares, le plus destructeur en zone méditerranéenne depuis près de 50 ans. En réponse, les pouvoirs publics ont engagé des actions pour sécuriser et reconstruire le territoire. Alors que le Département de l'Aude a lancé son plan de résilience et d'habitabilité, l'Etat vient de donner l'autorisation à la collectivité de prendre en charge la gestion des bois brûlés.
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Une zone à risque de bois incendiés sur 17 000 hectares...
11 000 hectares ravagés sur une surface parcourue de 17 000 hectares. La surface forestière dévastée par "l'Ogre des Corbières'" constitue, plusieurs mois après, une zone à risque. Exposée aux aléas climatiques, elle est susceptible de causer des dangers pour ceux qui l’empruntent, en raison notamment du risque de chute de branches ou d’arbres. Sans parler de son impact visuel très fort auprès des habitants et des touristes, qui pourrait retarder le retour à une vie "normale", sur ce territoire meurtri.
Aussi, quelques semaines seulement après le sinistre, les communes d’Albas, Camplong d’Aude, Cascastel-des-Corbières, Coustouge, Durban-Corbières, Fabrezan, Jonquières, Lagrasse, Ribaute, Roquefort-des-Corbières, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Talairan, Thézan-des-Corbières, Tournissan et Villesèque-des-Corbières ont-elles demandé au conseil départemental de l’Aude de réaliser, en leur nom, l’exploitation des bois brûlés pour permettre une réparation rapide et uniforme de leur territoire. Cette demande d’intervention portait aussi bien sur les parcelles publiques que, potentiellement, les parcelles privées, dans un espace où la propriété est, justement, extrêmement morcelée et, parfois, à l'état d’abandon.
Autorisation donnée au Département de l'Aude de couper les bois incendiés
Par arrêté préfectoral paru ce lundi 9 mars, les travaux d’exploitation des bois brûlés et de défense contre les futurs incendies qui seront réalisés sur cette zone par le Département ont ainsi été déclarés d’intérêt général et d’urgence par le préfet de l'Aude. Il est ainsi accordé à la collectivité la possibilité, pendant deux ans, de couper les bois incendiés sur toutes les parcelles impactées.
Concrètement, dans les jours à venir, le Département va consulter l’ensemble des propriétaires de la zone sinistrée - soit plus d’un millier - quant à leur volonté de réaliser l’exploitation des bois sur leurs parcelles. Ces derniers disposeront ensuite de deux mois pour prendre et faire connaître leur décision :
Faire le choix, gratuitement, de confier celle-ci au Conseil départemental.
Décliner cette possibilité. Dans ce cas, ils devront réaliser eux-mêmes les travaux de bûcheronnage, dans un délai d’un an. Ces propriétaires pourront solliciter l’aide d’un gestionnaire forestier professionnel. En adhérant à l’association syndicale libre de gestion forestière créée par la délégation Occitanie du Centre National de la Propriété Forestière, ils porront s’inscrire dans une stratégie d’aménagement collective de leur forêt.
En absence de réponse, le Département considérera que les propriétaires ont donné leur accord pour laisser l'exploitation des bois brûlés à la collectivité.