Je découvre la flore de l’Aude

Troisième département de France métropolitaine le plus riche en biodiversité végétale, l’Aude compte plus de 3 000 espèces recensées, parmi lesquelles plus de 500 plantes d’intérêt patrimonial protégées. Top 5 des espèces les plus emblématiques.

Les orchidées

L’Aude est LA destination des amateurs d’orchidées, avec près de 90 espèces et sous-espèces identifiées à ce jour, sur les 160 recensées en France métropolitaine. Les orchidées forment une famille végétale fascinante, tant par la délicatesse de leurs fleurs que par leur méthode de reproduction. Après s’être unie à un champignon pour naître et pousser, la plante développe des trésors d’ingéniosité pour séduire les insectes pollinisateurs mâles. La fleur des ophrys imite ainsi à la perfection la forme de l’abeille femelle, tandis que les orchis et dactylorhizas rivalisent d’artifices esthétiques et olfactifs pour attirer le mâle dans leur antre multicolore et parfumé. Certaines vont même jusqu’à saouler le pollinisateur avec leur nectar fermenté !
Les pelouses sèches du Minervois et des Corbières abritent certains des plus beaux spécimens, colorant la garrigue d’avril à juin. Le superbe spot bien connu de Bugarach et des villages environnants ravira tous les amateurs. Le sentier des orchidées à Talairan, aménagé par les propriétaire du domaine Serres-Mazard avec le soutien du Département, vous permettra d’observer en particulier l’ophrys magniflora ou ophrys à grande fleur, endémique de l’Aude. On trouvera la très rare dactylorhiza insularis sur les prairies de Bouisse. Plus bas, les garrigues recèlent de très nombreuses ophrys comme l’ophrys bombyliflora, ou encore l’ophrys funerea. Ne manquez pas, enfin, le sentier des orchidées de Villasavary, dans le Lauragais, où sont présentes près de 25 espèces.

La centaurée de la Clape

Espèce endémique de l’Aude, la centaurée de la Clape pousse exclusivement, comme son nom l’indique, dans le massif de la Clape, s’accrochant aux parois rocheuses des falaises. Petite plante trapue aux fleurs roses et pourpres, elle ne fleurit qu’une fois tous les trois à cinq ans, avant de s’éteindre définitivement. Cette étrange floraison « suicide », ainsi que sa faible capacité de reproduction en font une espèce menacée de disparition. Avec le soutien du Département, de la Région, de l’État et de l’Europe, l’Institut des sciences de l'évolution à Montpellier (ISEM) et le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée s’efforcent de trouver des solutions pour enrayer l’extinction annoncée de l’espèce. Pour renforcer les populations du massif de la Clape, la pépinière départementale a ainsi aidé à multiplier la centaurée et ses graines sont ressemées dans les falaises par les scientifiques de l’ISEM. Affaire à suivre, en fonction du changement climatique et des épisodes de sécheresse...

Les gagées

Petites plantes bulbeuses et graciles appartenant à la famille des liliacées, les gagées sont hautes de quelques centimètres et fleurissent à la fin de l’hiver, colorant, telles des milliers d’étoiles jaune d’or, les pelouses rases des Corbières et de la Montagne Noire, les affleurements rocheux, voire les lisières de certaines forêts. Sept espèces sont présentes dans le département, dont six protégées. Car ces petites plantes n’apprécient pas la concurrence ! Si les arbustes, les arbres et même des graminées plus hautes qu’elles leur font “ombrage”, elles disparaîtront… Ainsi, le passage de troupeaux pourra les aider à coloniser des pelouses sèches encore assez rases.

La drosera à feuilles rondes

La drosera rontundifolia, plus communément appelée drosera à feuilles rondes, est une petite plante carnivore qui pousse essentiellement dans les tourbières, comme dans celle de Laprade, espace naturel sensible à Cuxac-Cabardès, ou sur les pentes nord du Madres, dans les Pyrénées audoises. Dans ces milieux humides, elle a développé une stratégie originale : ses feuilles sont un piège à insectes qu’elle capture grâce à des poils gluants. Elle en extrait l’azote dont elle a besoin et qu’elle ne trouve pas dans ce type de sol pauvre en nutriments. Très petite, elle est sensible au piétinement et à l’assèchement des tourbières, milieu très riche en espèces végétales et animales particulières.

La lavande de mer

La lavande de mer, ou limoniastrum monopetalum, aime les terres salées, le sable et les embruns ! Présente dans plusieurs pays du littoral méditerranéen, elle ne pousse en France que sur la côte audoise, de Gruissan à Leucate, et à l'extrémité sud de l'Hérault. Cette espèce endémique se présente sous la forme d’un petit arbrisseau de 40 à 150 cm qui se regroupe en buissons et déploie en juillet-août des grappes légères et vaporeuses de petites fleurs bleues. Les populations audoises sont globalement en bon état de conservation, mais le piétinement des milieux dunaires peut constituer une menace. Pensez-y lors de vos balades en bord de mer !

Top 5 des hauts lieux de la botanique dans l’Aude

  • Les espaces naturels sensibles du département
  • Leucate, sur le littoral, entre falaises, dunes et lagunes
  • Les causses du piémont de la Montagne Noire
  • Les tourbières et pelouses alpines du massif du Madres
  • Les crêtes ventées des Corbières

Attention, la flore audoise est fragile. De nombreuses espèces sont rares, en danger, voire menacées de disparition. Aidez-nous à assurer leur protection. Si vous les croisez en chemin, ne les cueillez pas et contentez-vous de les admirer de loin. Consultez nos recommandations pour le respect de la biodiversité.

Top 5 des arbres remarquables

  • Les sapins géants des forêts résineuses du pays de Sault
  • Le genévrier cade tricentenaire de Durban-Corbières
  • L’aubépine de Cals en Montagne Noire, dans le village de Lacombe (quasiment 3 mètres de circonférence)
  • L’ormeau de Sully planté à la fin du 16e siècle à Villesèquelande
  • Le zelkova de Moussoulens. Surnommé localement « l’arbre de cent ans », c’est le plus vieux zelkova de France. Sa graine aurait été ramenée de Russie par un soldat de Napoléon Ier.

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