Département de l’Aude
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Orchidées de l'Aude

On pense souvent que les orchidées sauvages sont l'apanage des régions tropicales. Cette idée toute faite pousse à sous-estimer le patrimoine naturel de zones européennes dont l'Aude fait partie.

Les couleurs de l’Aude

Avec 85 espèces et sous-espèces recensées à ce jour, le département de l’Aude est le troisième département de France métropolitaine pour sa richesse en espèces d’orchidées.

Les orchidées commencent à fleurir dès le mois de février, parfois même en janvier vers le littoral. C’est en mai et juin que se situe la période la plus favorable pour les trouver. C’est la spiranthe d’automne qui clôt la saison en octobre. Peu d’espèces poussent en milieu forestier. Elles s’épanouissent plutôt sur les landes et les garrigues calcaires : les Corbières recèlent ainsi de très beaux spécimens. Vous pouvez également les découvrir en abondance sur le massif de l’Alaric, la Montagne Noire ou encore le massif de la Clape. Il faut savoir réprimer son envie de cueillir ces joyaux de la nature. Non seulement l’orchidée se conserve très mal, mais de plus son pied peut être définitivement condamné lorsque l’on arrache la fleur. En outre, certaines espèces sont protégées par la loi.

Parler des orchidées c’est vous ouvrir les portes d’un jardin fabuleux.
Regarder la difficile vie de couple qu’elles essaient de tisser avec leur partenaire champignon.
Comprendre les trésors d’ingéniosité qu’elles ont su développer pour que les insectes soient les acteurs de leur reproduction. Mais attention, cela comporte des risques d’hybridation ou alors n’est-ce pas ainsi que naissent de nouvelles espèces ?
Elles sont les championnes du règne végétal dans le grand jeu de l’évolution. Comment ne pas vous conter quelques vieilles croyances aujourd’hui disparues, ou essayer d’appréhender l’image sulfureuse de l’orchidée entre amante et mère…
Les orchidées, espèces récentes dans l’échelle de l’évolution, ont « adoptées » les pratiques culturales de l’homme. Paradoxalement, c’est la disparition des activités agricoles ancestrales qui menacent aujourd’hui le plus grand nombre d’espèces.

Découvrez les orchidées de l'Aude

La pollinisation

D’autres espèces vont encore plus loin pour captiver leur pollinisateur : elles le saoulent ! C’est le cas pour quelques épipactis (photo ci-contre). Dans la fleur, le nectar peut fermenter et donc contenir des alcaloïdes. Notre petite abeille sur la photo ne sait pas qu’elle est en train de s’enivrer aux frais de la princesse. Après quelques minutes, elle va repartir en zigzaguant bien obligée de se poser très vite sur une autre fleur… d’épipactis. Il peut même arriver que notre abeille devienne carrément toxicomane et passe son temps de fleur en fleur avant de mourir d’épuisement.

Les orchidées ont également mis au point un système qui les empêche de s’autoféconder. Le pollen est stérile si, par erreur, il tombe sur l’ovaire de la plante qui l’a produit.

Mais comme dit le proverbe, les exceptions confirment la règle. Une espèce comme l’ophrys abeille peut s’autoféconder si l’insecte n’est pas au rendez-vous. Au bout de quelques jours, les filaments qui retiennent les sacs à pollen sèchent et ceux-ci, en descendant, vont féconder notre ophrys. D’autres, les limodores ou les néotties entre autres, peuvent s’autoféconder sous terre si les conditions météorologiques sont exécrables. Dans ce cas là, même pas besoin de voir le jour et d’être croqué par un chevreuil. Il faut vous dire qu’une espèce comme la néotie est dépourvue de chlorophylle, alors à quoi bon sortir dans un sous-bois sans lumière !