Département de l’Aude
Allée Raymond Courrière
11855 CARCASSONNE Cedex 9

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Le Canal du Midi a 350 ans !

Traversant les départements de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault, le canal est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996.

Un été le long du Canal du Midi, sous la voûte céleste des platanes. Cette bulle végétale, presque hors du temps, attire chaque année 87 000 personnes. Mais ce trésor architectural construit par Pierre-Paul Riquet, dont on fête le 350e anniversaire en 2016, reste sous la menace du chancre coloré. Dix ans après la découverte de ce champignon qui tue les platanes, la replantation est toujours en cours. Alors que le nombre d’arbres replantés dépasse le nombre de platanes arrachés cette année, un nouvel espoir fait jour, celui d’un vaccin. Car la vie continue sur notre Canal du Midi et doit continuer. Sa magie aussi.

Quelques chiffres

Questions à Hervé Baro

AudeMAG : Que représente le Canal du Midi pour l’Aude ?
Hervé Baro Le Canal du Midi est au coeur de la vie des Audois depuis 350 ans. Sa voûte majestueuse et son ancien chemin de halage enchantent promeneurs, joggeurs, vététistes et fait le plus grand bonheur des 87 000 usagers. Le canal du Midi, est un vecteur important de développement touristique et économique. Dans l’Aude, les retombées économiques s’élèvent à 5,3 M€.

Il était donc essentiel de soutenir le plan de sauvegarde pour le Canal du Midi…
Oui. Le canal du Midi est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 20 ans. Il est notre fierté. Pour le Département, préserver ce trésor végétal et aquatique, était une évidence. D’ailleurs le conseil départemental est la première collectivité à s’être lancée aux côtés de l’État dans ce chantier au long cours. Nous assumons un tiers du coût de la replantation pour un montant de 10,5 M€ sur 20 ans. Au-delà de ce soutien financier, les pépinières départementales apportent une aide technique à VNF, en fournissant une grande partie des arbres replantés. Enfin le département s’est lancé dans un grand projet d’aménagement d’une voie verte (voir p-25), ce qui apportera de nouvelles perspectives de développement économiques pour le territoire.

Hervé Baro est le vice-président, en charge des Solidarités territoriales et de l’économie de proximité.

Replanter pour sauver le Canal du Midi

Depuis plusieurs années, une maladie tue les célèbres platanes du Canal du Midi. Les acteurs publics, dont le Département, agissent pour lutter contre le chancre coloré et pour préserver ce paysage unique, en replantant de nouveaux arbres.

Se promener en bord de canal, sous la voûte ombragée des platanes. Des millions d'habitants et de touristes ont cette image en tête. Mais depuis dix ans, le chancre coloré, un champignon microscopique, tue les arbres de la voie navigable reliant Toulouse à la Méditerranée et traversant l'Aude d'Ouest en Est.
À l'heure actuelle, aucun traitement miracle n'existe, si ce n’est abattre les platanes malades et de replanter de nouveaux arbres. Depuis 2006, Voies navigables de France mène cette opération d'arrachage. La replantation, dont le montant total s’élève à 200 M€, a débuté en 2011. Le Département assume pour sa part un tiers du coût de la replantation dans l’Aude, soit 10 M€ sur 20 ans.

4000 arbres replantés
Afin de perturber le moins possible le cadre de vie de nombreuses espèces protégées comme les oiseaux et les chauves-souris, les travaux sont effectués durant deux périodes de l'année. Des entreprises spécialisées, coupent puis brûlent les arbres, avant d’enlever toute trace du champignon mortel. Les berges sont ensuite restaurées, de manière à éviter les effondrements.

Chêne, tilleul, pins parasols...
Sur les 42 000 arbres que comptait le Canal du Midi, 15 400 ont été abattus et 4000 ont été replantés. La moitié des replantations ont été effectuées au cours de l'hiver dernier. À chaque replantation, l’alignement symétrique des arbres, leur hauteur et leur voûte sont respectés. Mais au lieu des platanes, plusieurs espèces sont replantées afin d’empêcher une recolonisation par le chancre coloré. Le tilleul entre Castelnaudary et Carcassonne, le peuplier blanc entre Trèbes et Argens-Minervois, le micocoulier, à l'Est d'Ouveillan, ou le pin parasol, le long du canal de la Robine, remplaceront les platanes. Quant au chêne chevelu, présent sur 40 % de la voie navigable, il a été choisi pour incarner l'identité du Canal du Midi.

Des traitements à l'essai
Le laboratoire CETEV a reçu l'autorisation du Ministère de l'agriculture fin décembre pour tester des micro-injections de traitements fongicides sur les arbres, de manière à lutter contre le chancre coloré. Il faudra attendre 3 ans après le démarrage des tests pour connaître l'efficacité du vaccin.

Chaque arbre fourni par la pépinière départementale coûte 29€, soit 700 000€ prévus pour l’ensemble des plants.
Vous pouvez faire un don en vous rendant sur http://www.replantonslecanaldumidi.fr

La relève des platanes est assurée

La pépinière départementale située dans la haute-vallée fait pousser des arbres qui remplaceront les platanes abattus sur la portion audoise du Canal du midi.

On les bichonne, on les taille, les arbres doivent être parfaits. « Sur les peupliers d'un an, on arrête d'arroser sinon on va pouvoir les livrer l'an prochain ! », note Olivier Baron. En visite à Nébias, le responsable des pépinières au Conseil départemental de l'Aude est méticuleux. Il veut des arbres robustes et résistants, alors pas question de booster leur croissance. Au pied du plateau de Sault, les pousses de peupliers blancs, tilleuls à grandes feuilles ou chênes chevelus s'épanouissent paisiblement. Une fois atteint 2,5 à 3 mètres de hauteur, ils pourront remplacer les platanes malades abattus le long du Canal du Midi. « À Nébias, nous avons tout pour bien faire : de la place, de l'outillage, un climat propice » explique Olivier Baron. Sur les 4 ha de la pépinière en conversion bio, les arbustes poussent chacun à leur rythme. De quoi compliquer un peu les choses

Un énorme défi
« Il faut 3 ans pour le peuplier, 5 ans pour le tilleul, 7 pour le chêne. C'est un grand défi mais cela permet aussi de faire évoluer nos techniques de culture » poursuit-il. L'hiver dernier, 430 arbres ont quitté Nébias. Soit un cinquième des arbres replantés au bord du canal durant la période. Pour autant, le travail reste énorme. Le Département de l'Aude doit fournir 24 100 arbres sur 20 ans, pour reboiser toute la partie audoise du Canal du Midi.

Petite bio d'un grand canal

  • 1662
    À 58 ans, Pierre-Paul Riquet s’est enrichi dans le commerce du sel et espère favoriser le commerce alimentaire. Il propose à Colbert, intendant des finances de Louis XIV son projet de canal Royal du Languedoc. Cette liaison fluviale permettrait en effet d'éviter le contournement de l'Espagne.
  • 1667-1681
    12 000 travailleurs sont mobilisés pour la construction du Canal.
  • 1er octobre 1680
    À moins de 5km de l’achèvement de « son » canal, Pierre-Paul Riquet meurt. Ses deux fils seront présents à l’inauguration en 1681.
  • 1789
    Le « Canal Royal en Languedoc » devient le « Canal du Midi » ainsi rebaptisé par les Révolutionnaires qui veulent lui donner un nom plus démocratique et populaire.
  • 1996
    Inscription du canal du Midi au patrimoine mondial de l’Unesco
  • 2011
    Atteints par une maladie, le chancre coloré, les platanes doivent être abattus et remplacés par de nouvelles espèces. Un projet de grande envergure pour préserver notre Canal.

Chambre avec vue...

Le propriétaire du domaine Le Bosquet du Somail, en bordurede canal, allie activité viticole et hébergement haut de gamme.

Le hameau du Somail, ses petits mas aux pierres claires lézardées de vigne vierge se reflétant dans l’eau, sa stupéfiante librairie ancienne aux 50 000 ouvrages, sa péniche épicière colorée au pied du pont Saint-Marcel érigé au 18e siècle, ses chambres d’hôtes adossées aux ateliers de peinture… C’est au coeur de ce joyau du Canal du Midi, à peine éraflé par l’abattage de platanes malades, que Laurent Peris a offert une nouvelle vie au domaine viticole Le Bosquet du Somail. 30 hectares de ses vignes ont une vue directe sur l’ouvrage de Pierre-Paul Riquet… Tout comme ses trois gîtes.

Quand il rachète la propriété en 2008, le vigneron n’a pas encore en tête d’accueillir des touristes. La proximité du Canal du Midi va vite s’imposer à lui.
« C’est l’accroche. Ce qui crée le contact et arrive à intéresser une clientèle étrangère. ». Avec le soutien du Département, de la Région et de l’Europe, il réhabilite les bâtisses de « la belle endormie ». La maison vigneronne devient une bastide pouvant accueillir 14 hôtes avec climatisation, spa et piscine au pied des vignes. La maison du régisseur et ses trois chambres ainsi que le gîte avec vue sur le canal y sont attenantes. Quatre épis lui sont décernés dès son ouverture, en 2012.

Sa clientèle ne manque pas non plus de passer au caveau du domaine. Les hangars, qui accueillaient autrefois les marchandises lorsque le transport fluvial était à son apogée, abritent aujourd’hui la cave. La première cuvée du Somail devrait être mise en bouteille dans deux saisons. En attendant, la toute jeune oliveraie grandit et les arbres fruitiers s’épanouissent. Autant d’atouts qui constitueront le futur parcours oenotouristique encore à l’étude. Laurent Peris en est convaincu : « Le Canal du Midi sera l’attrait dans les années à venir. Un axe touristique essentiel pour l’Aude ».

En route vers une voie verte

Pour se promener le long du Canal du Midi, piétons et cyclistes empruntent les 125 km de chemins de halage, une pratique qui reste soumise à autorisation des Voies Navigables de France. S’il n’existe pas à proprement parler de Voie Verte, un vaste projet d’aménagement porté par le Conseil départemental est à l’étude. Maître d’ouvrage, le Département travaille sur ce chemin réservé à la circulation douce, en partenariat avec la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), VNF, et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) des communes traversées. Un premier tracé préconisait la pose d’un stabilisé sur les remblais situés derrière les platanes mais le Conseil départemental présentera, en octobre prochain devant la Commission départementalede la nature, des sites et des paysages, un deuxième tracé plus proche de l’eau. En attendant, le premier chantier pourrait concerner la sécurisation du Pont du diable à Alzonne.

En savoir plus : projet de voie verte

Ludique !

Le musée et jardin du Canal du Midi organise un grand concours photos Instagram ! Un évènement ludique qui n’oublie pas les enfants avec le montage du papertoy à l’effigie de Pierre-Paul Riquet.



https://www.instagram.com/explore/tags/canalderiquet/

Le Pdf de Pierre-Paul Riquet à découper