Département de l’Aude
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Actualité : commémoration de la Grande Guerre

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, les Archives départementales de l’Aude organisent plusieurs manifestations originales afin de permettre aux audoises et aux audois de découvrir et ou revisiter cette période émotionnellement et historiquement chargée.

Monuments aux morts : conférence le 15 novembre à 20h30

"Devoir de mémoire et création artistique, les monuments aux morts audois récemment inscrits au titre des Monuments Historiques".

Intervenante :
Michèle François, Chargée de protection des monuments historiques, DRAC Occitanie site de Montpellier, Conservation Régionale des Monuments Historiques

Le Ministère de la Culture a souhaité célébrer le centenaire de la commémoration de la Guerre de 1914-1918 par une campagne de protection au titre des monuments historiques des monuments aux morts les plus remarquables. Dans l’Aude, ceux de Coursan, Fabrezan, Limoux et Ouveillan ont été choisis. Cette sélection, drastique forcément par rapport au nombre de monuments érigés, a été faite selon plusieurs critères : l’importance au sein du corpus des monuments aux morts d'Occitanie et la qualité de l'œuvre des artistes, sculpteurs ou architectes. Au milieu d’une production de masse, répétitive, souvent industrielle, ce sont la dimension créatrice et la personnalité des créateurs qui ont été mises en avant. Magrou, Michelet, Dardé ou Iché représentent des tendances diverses de la sculpture du premier tiers du XXe siècle, sculptant dans la pierre une image glorieuse ou désemparée de ces quatre années de souffrance.

Conférence le 15 novembre à 20h30 aux Archives départementales

Exposition Alain Fabreal : "Face à l'enfer" du 27 nov. au 26 janv.

Exposition de peintures et de dessins

Arrivé au terme du centenaire de la Première Guerre mondiale. Une grande exposition sera organisée à Carcassonne pour marquer l’événement. Cette manifestation a obtenu le label national « Mission Centenaire 14-18 » (Numéro 27 EXP 0118). Elle se déroulera dans trois lieux différents, dans trois monuments prestigieux de notre patrimoine départemental audois, mais aussi national puisque la cité de Carcassonne est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

  • Auditorium de la Chapelle des Jésuites, exposition, présentation, concert - Jeudi 8 novembre 2018 à 18h / Ouvert tous les mercredis de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 17h30
  • Cité de Carcassonne, salle des Chevaliers, tours Narbonnaises : exposition – Samedi 10 novembre 2018 à 12h / Ouvert les week-end de 14h à 17h du 11 Novembre au 6 janvier 2019. (Pour info consulter le site www.remparts-carcassonne.fr)
  • Archives départementales de l’Aude, exposition – Jeudi 27 novembre 2018 à 18h / Ouvert tous les jours sauf les samedis et dimanches, de 9h à 17h

Les expositions seront ouvertes jusqu’au 26 janvier 2019, sauf salle des chevaliers.

L’exposition présentera les œuvres d’Alain Fabreal, artiste peintre contemporain. Ce travail a commencé il y a quatre ans, c’est-à-dire en 2014, ce qui correspondait au centenaire des débuts de la guerre et s’achève aujourd’hui, en 2018, pour le centenaire de l’Armistice. Durant ces quatre années, l’artiste a voulu témoigner de l’histoire humaine de ces soldats. Ce projet artistique répond au devoir de mémoire. Il a été conçu en quatre parties. Quatre séries de tableaux qui font appel à quatre grands modèles de la peinture classique : le portrait, le portrait en pied, le paysage et le journal.

Journal de guerre 2014 – 2018 (45 dessins) — Alain FABREAL VS Louis BARTHAS. seront exposés aux archives départementales de l’Aude :

"Psychogrammes journal graphique. Dans ce travail de diariste, je laisse couler au fil du temps les images, les couleurs, les ombres de mes souvenirs. Ils viennent par vagues successives rencontrer le quotidien. Avec l’aboutement de mon journal à celui de Louis BARTHAS, j’organise une rencontre. Mes dessins, cent ans après, sont à la confluence entre les deux lignes que forment nos deux vies. Je cherche à connecter le temps, à ouvrir un passage entre passé et présent et pénétrer le territoire artistique et historique de la mémoire."

Alain Fabreal (2018)

Inauguration de l’exposition aux Archives départementales de l’Aude : Jeudi 27 novembre 2018 à 18h

Le dossier de presse de l'exposition

La démarche artistique d’Alain Fabréal :

« Cette thématique me permettait d’interroger l’histoire de l’art, l’histoire de la peinture et plus encore celle des avant-gardes si nombreuses en 14-18. Pour cela, mon travail de peintre est à la confluence entre l’histoire et l’histoire de l’art. J’ai réalisé une recherche historique et iconographique autour de centaines de documents d’archives témoignant des moments les plus horribles, photos décrivant les opérations chirurgicales des gueules cassées, images des no man’s land, désolation et destruction des paysages et des villes éventrées. Mais aussi celles plus angoissantes, des retrouvailles ou des soldats qui posent tétanisés avant la bataille. À partir de ces matériaux objectifs, j’ai construit ma peinture, en faisant appel en permanence à ma culture de peintre convoquant les portraits de Zurbaran, de Velásquez, les horreurs de la guerre de Goya, les corps de Bacon, les fresques d’Otto Dix ou des écrits comme « Les journaux de guerre » de E. Jünger ou « Le visage des hommes » de MD. Colas et bien sûr le journal de Louis BARTHAS. Si ces expositions témoignent de la guerre par l’expression d’une intériorité, elles attestent aussi de la même manière de mon attachement à la peinture comme un moyen capable de porter le message de l’horreur sublimée par l’art.
Mon travail est à la confluence entre art et histoire, de l’histoire à l’histoire de l’art. La guerre de 14 m’intéresse particulièrement parce qu’elle est à la charnière entre deux mondes et qu’elle représente une articulation entre passé et modernité. Mais plus encore parce que ces 4 ans de conflit posent aussi les fondations de notre monde contemporain. Celui que nous partageons aujourd’hui. Interroger le passé est pour moi le moyen de construire et de comprendre le présent. L’histoire commence donc à l’est, à la frontière entre deux pays, la France et l’Allemagne, là, sous les no man’s land, dans ces labours terribles est enterrée une partie de notre humanité. J’ai voulu poser un regard sur ce moment funeste. Cent ans après, ouvrir ces ténèbres de corps et de sang pour comprendre pourquoi le futur de notre Europe s’est bâti sur l’horreur. Qu’il s’agisse de l’histoire de l’art, de la grande histoire, ou de la petite histoire du quotidien, il s’agit toujours d’interroger le temps qui passe, qui nous rattache à notre condition humaine, à notre humanité. »