Département de l’Aude
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Conduite en état d'ivresse

D’autres espèces vont encore plus loin pour captiver leur pollinisateur : elles le saoulent ! C’est le cas pour quelques épipactis (photo ci-contre). Dans la fleur, le nectar peut fermenter et donc contenir des alcaloïdes. Notre petite abeille sur la photo ne sait pas qu’elle est en train de s’enivrer aux frais de la princesse. Après quelques minutes, elle va repartir en zigzaguant bien obligée de se poser très vite sur une autre fleur… d’épipactis. Il peut même arriver que notre abeille devienne carrément toxicomane et passe son temps de fleur en fleur avant de mourir d’épuisement.

Les orchidées ont également mis au point un système qui les empêche de s’autoféconder. Le pollen est stérile si, par erreur, il tombe sur l’ovaire de la plante qui l’a produit.

 

Mais comme dit le proverbe, les exceptions confirment la règle. Une espèce comme l’ophrys abeille peut s’autoféconder si l’insecte n’est pas au rendez-vous. Au bout de quelques jours, les filaments qui retiennent les sacs à pollen sèchent et ceux-ci, en descendant, vont féconder notre ophrys. D’autres, les limodores ou les néotties entre autres, peuvent s’autoféconder sous terre si les conditions météorologiques sont exécrables. Dans ce cas là, même pas besoin de voir le jour et d’être croqué par un chevreuil. Il faut vous dire qu’une espèce comme la néotie est dépourvue de chlorophylle, alors à quoi bon sortir dans un sous-bois sans lumière !